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Jeudi 3 août 2000: 4.15 le soleil se glisse entre les interstices de mes stores pour me réveiller. A nouveau une onde de choc me parcourt : zut, avec l’alcool, j’ai pas entendu le réveil… mais non, la montre confirme que le on a encore 4 heures de sommeil… petits mouvements contre le mur et hop re-plongeon dans les bras de Morphée… Gentiment le train-train scolaire reprend son rythme et les cours s’enchaînent. Cette après-midi, je suis enfin de nouveau connecté au monde par mon natel. Un grand merci à ma maman qui en quelques heures a réussi à faire fonctionner le roaming international… ça fait plaisir de sentir ce lien virtuel avec la patrie… comme dirait Piccard : « cette main invisible qui te soutient et t’encourage… te porte durant ta journée». Après le cours, retour au Ryd. Quelques emplettes pour le souper et la vie de tous les jours. |
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| Ensuite je m’attache à une difficile activité, une mission impossible, un des 10 travaux d’Hercule, le pire cauchemar du mâle, l’horreur de la ménagère, ma plus grande crainte : la lessive… et oui, je vous vois sourire, vous nos mères dont la lessive est le pain quotidien, vous les pros de la machines à laver, vous les méticuleux, vous les rois de la propreté… rigolez, vous le pouvez… c’est dans ces moments où l’on se rend compte qu’on ne porte pas assez d’importance à cette si infime tâche… à la maison, pas de problème, on ouvre l’armoire et hop on prend le pantalon PROPRE, la chemise pliée et repassée… et si il y a une réclamation, on pousse une terrible braillée sur notre maman pour lui faire comprendre son incapacité, son manque de gestion etc… mais ici, plus de maman pour descendre dans cette salle obscure et froide où trônent machines à laver et séchoirs… cette fois c’est mon tour, moi le « puceau de la lessive »… j’espère que ça fait pas mal la première fois… je le souhaite profondément. Mais je pense que vous devez me trouver un gros cochon, vous vous dîtes : « mmmm ça fait 3 jours qu’il est loin et il doit faire une lessive ??? mais que fait-il, il sait pas manger ? dès qu’il est loin de la maison, il se traîne dans la boue ? il « chie » de trouille ? » non non rien de tout cela, il faut en revenir à notre principal moyen de locomotion… en Suède, tout est axé sur le vélo et donc la fraîcheur de mon pantalon en dépend. Je vous fais pas un dessin : pantalons clairs, pluie, graisse et vélo ne font pas bon ménage et donc je profite de cette après-midi de liberté pour réparer les méfaits de la graisse. Et pour une première, j’ai fait fort : pas la petite tâche discrète au fond du pantalon…, non, non vous me connaissez quand je fais quelque chose je le fais à fond et c’est le cas avec les tâches de graisse qui maculent le tissu. |
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En 21
ans, par tous les temps et activités, je crois que je n’ai jamais eu un
pantalon si sale… c’est dire son état. Donc ma mission est simple :
« Votre mission, si vous l’acceptez, Steve, sera de rendre sa
dignité et sa propreté à ce pantalon que vous chérissez… bien
entendu si un homme de votre équipe était capturé ou tué, le département
d’état nierez avoir eu connaissance de votre existence, Bonne chance
Steve ». Il me semble que le comité de réception avait prévu mon exploit personnel, car le soir même était organisé une nouvelle fête. Le rendez-vous était dans un pub situé à l’intérieur de notre quartier… A nouveau, même ambiance que l’autre soir… que des jeunes, des étudiants. En passant de groupe en groupe, tu commences à faire des connaissances, discuter, rire… l’intégration se fait petit à petit. Et je pense que quand on commence à parler politique, religion et armée avec d’autres personnes ça veut dire que tout se passe bien et qu’on arrive à se faire comprendre… c’est peut-être de cette manière que l’on construira l’Europe. Rapidement les heures s’écoulent et les bières se vident et le retour à la maison intervient vers 1.30, heureusement sans vélo, car c’est pas sûr de le trouver ou d’y tenir dessus. |
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