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Le pretit groupe de francophones qui s'est formé au cours des mois, environ 10 personnes: des Valaisans, une Bretonne, des Grenoblois, un Parigo, un Auvergnat, un Méditerranéen (Excuse, Sylvain je connais pas ton département), profite de leur dernier weekend pour aller faire une excursion au bord de la mer Baltique. Vendredi soir, je règle les formalités administratives pour la location de la voiture. Il n'y a pas de problème. Il suffit de montrer ton permis de conduire, une carte de crédit avec un compte alimenté et avoir plus de 20 ans pour pouvoir louer une voiture. Le vendeur est très sympa et grâce à mon statut d'étudiant, il me fait une réduction de près de 50%. C'est toujours agréable de voir ça... il te montre la facture au départ: 500 Sek... tu lui montres ta carte d'étudiante... Abracadabra... Baguette magique... plouffff.... Voilà, le prix fond et l'écran m'affiche 270 Sek. Une signature et voilà je prends en main la voiture: une Mégane. Je connais certains qui vont être contents de se promener en voiture française... Ca fait 5 mois que je suis plus rentré dans une voiture et que je n'ai plus conduit. Aurai-je oublié? Comment on fait avec ces 3 pédales? Ou sont les phares? Priorité de droite ou de gauche? Bon, on va voir. En plus il fait nuit noir et il pleut, conditions idéales pour se remettre en confiance. Premier point positif, les phares... pas besoin de se casser la tête pour les allumer... dès que tu mets le contact, les phares sont automatiquement enclenchés. Ensuite les essuies-glace, c'est cette poignée, ok... c'est bon. Encore le chauffage et on va pouvoir y aller. Lentement, mes pieds s'activent sur les pédales et la voiture commence à s'ébranler. Oh qu'il faut avoir la tête sur les épaules. On est plus sur le vélo a 20 km/h. Il faut se souvenir qu'il y a des céder-le passage, des piétons à voir et respecter, des feux où il faut s'arrêter. Mais tout se passe bien... conduire c'est comme le vélo ou le ski... d'une fois que tu as appris, c'est un réflexe... il faut juste un peu d'entrainement pour reprendre le rythme.

Pour baptiser la voiture, nous décidons de nous rendre en ville pour manger. Que ça fait plaisir de se promener en voiture avec le chauffage et la radio. Que c'est bon d'arriver devant le resto, sans avoir froid, sans avoir les yeux gelés par le trajet en vélo. Que c'est beau de reconduire... l'Homme est fait pour conduire... La voiture est le meilleur ami de l'homme. Notre soirée sera excellente, la nourriture délicieuse et boire un coca (obligation de chauffeur) fait du bien parfois. Vers minuit nous retrouvons Ryd.

Le départ pour notre excursion est fixé à 9.30. Pour certain, ceux que ça fait plus de trois semaines qu'ils se lèvent pas avant midi, le choc est rude, mais l'effort en vaudra la peine. Tout l'équipage à bord et nous prenons la direction de Norrköping. Nous prenons l'autoroute. Ici c'est limité à 110 km/h et parole de Suédois, personne ne la dépasse. C'est fou comme ils sont disciplinés. Tout le monde se suit à la queue-leu-leu à 110. Parfois un téméraire ose un devancement à 115 qui prend 5 minutes. Notre premier arrêt a lieu dans la petite ville de Söderköping. La ville est typiquement suédois. Des alignements de petites maisons aux couleurs pastelles. Les rues sont pavées et les façades sont décorées de bougies et guirlandes. Tout est calme et silencieux. Pour dire que c'est samedi, 11 h, à une semaine de Noël, personne n'est dans les rues. Tout est désert nous avons la ville pour nous.

Söderköping 

Söderköping

Nos pas nous guident vers la place centrale de la ville. Toujours personne. Au centre de la place trône un bouc construit avec de la paille. En Suède, le bouc est très symbolique. Il représente le compagnon, l'aide du Père Noël pour distribuer les cadeaux.

Söderköping

Nous continuons notre promenade le long de la rivière et du canal. C'est joli, c'est suédois. Chaque fenêtre est éclairé par une sorte de pyramide, à chaque "étage" il y a une bougie. C'est presque la seule décoration de Noël ici. Chaque habitation a ce chandelier bizarre. On profite pour admirer l'architecture, parfois excentrique de certaines habitations.

Söderköping Söderköping

Söderköping

Rapidement nous retrouvons la douce chaleur de l'habitacle de la voiture pour continer notre périple. Nous quittons les grands axes routiers pour nous rendre au bord de la mer. Nous suivons des petites routes qui paraissent interminables et qui finalement nous mènent au bor de la mer Baltique. C'est splendide. On a l'impression d'être seul au monde... d'être au bout du monde. Pas un bruit, personne à part nous. Le silence complet, parfois un oiseau qui nous survole, sinon rien... la nature brute... sans souillure, ni déchet, ni construction. La forêt se jette dans la mer. L'eau est limpide, bleu et sans vague. Le paysage et les nuages se réfléchissent dans ce miroir aquatique. Il n'y a rien à dire, juste admirer et contempler.

St Anna

St Anna

St Anna

Nous continuons à longer la côte en suivant les petites routes. A chaque virage, un nouveau paysage nous apparaît chaque fois différent, sauvage, suédois. Parfois la mer au loin, soudain la forêt, puis de la praire, suivie par d'immenses champs et cultures, coupés à la fin par une sorte de "fjord". Pas d'habitation, pas de village, rien, la nature dans son état originel. Nous refaisons une halte et cette fois, Sylvain, prend ses affaires de bain car il a bien l'intention de tester la température de la mer Baltique. Nous nous promenons sur une grande plage de rochers lisses. Notre horizon est coupé par des îles et la forêt.

Gryd

Gryd

Gryd

Gryd

Nous profitons d'une plage de galets pour faire une petite pause. Pendant que Sylvain se prépare sa baignade, je fait trempe mes pieds dans l'eau. Wouahhhh!!!! je suis pas frileux... j'aime l'eau... mais là, pas pour moi... les glaçons sont déjà inclus dans l'eau... pratique pour le pastis, mais pas terrible pour la santé. Ca engourdit les pieds et les jambes à vitesse grand V. Rapidement mes orteils retrouvent la chaleur des chaussures. Par contre, mes cris n'ont pas découragé notre méditérannéens. Il continue à se déshabiller et après quelques minutes le voilà en calçon. Nous sommes 4 en veste d'hiver, gants et écharpes regarder cet énergumène se jeter à l'eau... il s'avance... encore encore... et ploufff le voilà qui fait le sous-marin. Lui aussi pousse des cris, mais il résiste et fait quelques brasses. Le froid a raison de lui et finalement le revoilà dehors, enroulé dans sa serviette... 

Sylvain  Sylvain

Sylvain  Sylvain

Après cette petite baignade, nous rejoignons la voiture et partons à la recherche d'un resto. Ici c'est pas comme en France où dans chaque village, il y a un resto ou un magasin. On voit qu'on est au bout du monde... au pays du camping. Nous devons faire plusieurs kilomètres pour arriver à une localité plus importantes. Durant notre trajet, nous effectuons quelques stop pour contempler des moutons sauvages, des lièvres et des biches qui mangent des les paraires qui longent la route. Dans la ville, nous trouvons un restaurant. Ici aussi, personne, nous avons l'établissement pour nous. Le repas est bon et la nourriture nous redonne des forces pour la fin de notre parcours. Nous continuons sur les villes de Valdemarsvik, Västervik and Vimmerby. La nuit est déjà tombé. Difficile de faire du tourisme. Plus rien à voir. Les kilomètres se suivent et se ressemblent. J'ai repris l'habitude de conduire. Je suis devenu le Kankunen des praires suédoises. Laissez passer la Mégane avec les étrangers... Pardon... écartez-vous on est pressé. La limitation est à 90, mais le compteur frise le 130 aisément. Pratique sympa, ici quand tu veux dépasser, ce que j'ai fait assez souvent, je dois l'avouer, les usagers s'écartent sur le bas-côté (la route est très large) pour laisser la place. Nous faisons encore un arrêt, mais le froid et l'inactivité des lieux nous poussent à continuer notre voyage. Finalement nous retrouvons Linköping.

Dernière corvée de la journée, il faut aller rendre la voiture. C'est difficile de se séparer de la voiture et de reprendre le vélo pour rentrer au Ryd. Qu'il fait froid, que c'est dur de pédaler... Au final, cette superbe journée aura été magnifique et pas très onéreuse. Pour résumé, nous étions 5 et chaque personne à payer 120 Sek, soit 20 à 25 francs suisse, pour la voiture et l'essence. Un grand merci à Solenn, l'organisatrice et initiatrice de cette journée.

Pour conclure notre journée, on se retrouve tous ensemble pour savourer une délicieuse quiche et tarte tatin. 


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