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Ici l'envoyé spécial des RS en Suède pour la
retransmission du match Hammarby - AIK. En effet, dans le cadre de mon
échange en Suède, chaque étudiant étranger a un étudiant suédois pour
l'aider et lui faire découvrir le pays. Le mien est un fan de foot et
supporte l'équipe d'Hammarby. Quand il m'a proposé d'aller voir le derby
de Stockholm, j'ai pas su dire non et j'ai voulu vivre l'ambiance qu'avait
vécu Alex quelques mois plus tôt. Grâce à ses relations, Martin (mon
parrain) a réussi à m'avoir un billet, ce qui fut difficile vue
l'importance de ce match aux yeux des supporters.
Après un voyage un peu chaotique en train nous arrivons à Stockholm. Dans le train nous avons croisé quelques beaux spécimens d'hooligans qui ne vont sûrement pas au match pour voir les goals, mais surtout pour admirer les yeux des adversaires ou des policiers... tous en bombers, dogs, t-shirt longsdale... pas d'écharpes, juste un qui affiche fièrement son tatouage d'AIK. Juste quelques précisions sur les deux équipes. AIK est l'équipe du nord de Stockholm... elle a beaucoup plus de moyens financiers et son équipe est assez bonne. Elle est suivie par une horde de supporters déchaînés que l'on peut décrire comme des hooligans. Comme m'a expliqué Martin, certains groupement ont participé aux festivités à travers l'Europe cette année... Remember Copenhague et l'Euro. En plus ils ont une mauvaise réputation même au niveau national. De l'autre côté, Hammarby est le club du sud, des prolétaires et des pauvres... Le club est assez pauvre et à peu de moyen. L'équipe est soutenue par un groupe de supporters: les Bajen. Ceux-ci ont par contre une réputation de petits anges et sont réputés pour leur fair-play. Ils ne sont pas au point de tendre la joue lors d'une bagarre, mais on dira qu'ils seront pas en première ligne lors d'accrochage. La couleur de leur maillot est vert et blanc et ils se comparent facilement aux Celtics de Glasgow... mais franchement à par la couleur, il y a pas d'autre point commun... pas de fighting spirit. Après avoir récupéré mon billet et bu quelques bières, il en va de soi, on prend un taxi pour aller au stade national suédois: le Rasunda Stadion. J'en entends déjà des Valaisans me critiquer et me siffler... bouhhh aller en taxi au stade... quel bourgeois. Je l'avoue, belle mentalité, mais le temps presse et on a pas le temps de prendre le métro pour y aller... A noter que Martin m'a donné un maillot aux couleurs d'Hammarby et pour ne pas faire trop tâche au milieu des fans, je me force à le porter. Donc après un rapide trajet, nous arrivons au stade. Comme Alex l'a bien expliqué dans l'autre résumé, ce match est classé à haut risque et la présence policière est à la hauteur... Ici pas de force spéciale qui font plus rire que peur... Sans armure, un condé suédois fait déjà peur, rajoutez lui une armure, un casque, un bouclier, une matraque est là, je vous promet que vous restez à carreaux... (c'est mon avis, mais je suis sûr que du côté sédunois certains supporters trouveraient marrants et instructifs d'aller se frotter pour une fois à des vrais policiers et pas à des marrionnettes). Il y a du flic partout... surtout des chevaux, dans des fourgons, en ligne, en colonne, en attente, avec des caméras. Impossible de se rendre dans la tribune nord où il y a les supporters d'AIK. Tout suicidaire se fait proprement remettre dans le droit chemin et diriger vers la tribue des Bajens. Ma première impression en voyant le stade: "Cool... on se dirait à Anfield Road.!" En effet, la configuration du stade est la même qu'en Angleterre. De très hautes tribunes avec une forte déclivité. Le stade est fermé. Sur ma gauche une tribune officielle avec des loges etc. Après une fouille des sacs et des corps pas très poussée, on se retrouve dans le kop des Bajens. 15 minutes avant le début du match, le stade est déjà comble et on comptera par la suite plus de 34.000 personnes. En face de moi, je vois le kop d'AIK aux couleurs jaunes et noires. On peut apercevoir les préparatifs pour un tifo. Du côté vert et blanc, les supporters ont commandé chez Tifo des drapeaux verts et blancs. Les supporters d'AIK recoivent une aide financière pour leurs tifos, mais pas ceux d'Hammerby, ce qui se ressent au moment des animations. A l'entrée des joueurs, les drapeaux verts et blancs s'agitent et en face nous assistons à un tifo de cartons jaunes, blancs et noirs sur toute la tribune, accompagné de jets de papellitos blancs. Sur le terrain, des supporters agitent d'énormes drapeaux aux couleurs des équipes. Le jeu débute. Je me passerai de décire le foot observé... pas de grande qualité... le football suédois est plus à comparer à celui de Suisse que celui d'Angleterre ou d'Allemagne. De plus, il y a beaucoup d'enjeu et de pression sur les épaules des deux équipes. Ca fait deux ans que AIK gagne tous les derbies et Hammarby prie pour enfin avoir une victoire ou au moins un match nul. Le jeu est très saccadé... comme au ralenti. Le niveau des équipes est incomparable. AIK court pour un titre et une place dans une coupe européenne et Hammarby lutte pour rester en première division. Après une demi-heure de jeu, où les joueurs verts et blancs ont bien dominé, la défense se fait prendre de vitesse et AIK ouvre le score. Le montant s'aggravers après 5 minutes après la pause. Ensuite le score restera stable: 0 - 2 pour AIK. Pour ce qui est des chants, les supporters des deux camps peuvent remercier la géométrie du stade qui offre un bon échos. Au début, chaque Kop donne de la voix. Les chants se suivent et chaque équipe se répondent ou se menacent. A remarquer que les chants sont internationaux. Tu peux prendre les chants sédunois, ou de la Juventus... tu les mets en Suédois et tu as la version Vikings... Martin, bon connaisseur, est lui même surpris par la qualité des supporters d'en face... d'habitude ils sont moins présents, mais ce soir, il donne de la voix et avec les deux goals supportent encore plus leur équipe. Ici pas de tendu d'écharpes ou de mouvements, de vagues etc. Les supporters chantent, frappent dans les mains... mais sont assez statiques. Devant nous, un espèce de capo (en veste, même pas torse nu) tente d'encourager la foule à chanter... mais bon ça ne marche pas ce soir... les Bajens sont plus passionnés par le jet de pièces, PQ, drapeaux, bâtons sur le terrain pour essayer d'atteindre le gardin adverse, le pompiers, le sécu... A la 75ème minutes, on peut assister à une tradition des Bajens. A un quart d'heure de la fin, ils font un conte-à-rebours et un grand chant pour encourager l'équipe pour tout donner pour les dernières minutes. Mais ça ne changera rien au score... les supporters dépités face à la "nullité" de leur équipe partent 15 minutes avant la fin du match... sacrée mentalité. Leur équipe perde, a besoin de soutien et tout le monde se casse. Quand la fin du match est sifflé, la tribune est déjà presque vidé. A la fin, pour éviter tout contact entre les deux clans, les supporters d'AIK sont retenus dans le stade pendant 20 minutes, le temps pour nous de rejoindre le métro. Pas moyen d'attendre pour voir ce qui va se passer, la flicaille nous pousse à suivre la foule et à prendre le métro. Une impressionante nuée de musclor nous escorte jusqu'à l'entrée du métro. Pas de besoin de payer le ticket... hop un petit saut par-dessus le portail et on plonge dans les profondeurs. En dessous encore plus de flics... un à chaque porte du métro avec un casque et une matraque pour nous aider en entrer. On se fait tout petit et finalement, le convoi s'ébranle vers la gare où nous reprenons le train pour rentrer à Linköping. |
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